Upopi #12 : Voir les choses autrement

Postulat : toute expérience audiovisuelle ne vaut d'être vécue qu'à condition qu'elle modifie, peu ou prou, notre perception du monde —  voire transforme, par le biais d'un tel changement perceptif, notre façon d'agir dans et sur ce dernier. En ce début d'année 2016, Upopi, que les grandes questions n'effraient pas, se propose de creuser cette hypothèse.

Amener le spectateur à devenir acteur du monde en modifiant sa perception de celui-ci, voilà qui pourrait résumer le programme du "cinéma engagé". A priori, cette catégorie cinématographique paraît un peu vague : une conférence et une frise chronologique permettront d'en connaître l'historique, les enjeux et les manifestations diverses. Le film du mois a fait date dans l'histoire du cinéma engagé, et il est l'œuvre d'un de ses artisans les plus opiniâtres : il s'agit d'Afrique 50 de René Vautier, mort il y a tout juste un an.

Moins culturellement reconnu qu'un film engagé, un reportage de journal télévisé peut aussi enrichir notre vision des choses, et des êtres. C'est le cas d'un sujet qui a été diffusé sur France 2 au début de la prise de conscience de la "crise des migrants" : Upopi s'est entretenu avec son auteur.

Quittons le terrain de l'actualité : un montage vidéo revient sur la façon dont certains films permettent au spectateur de s'inventer des parentés imaginaires, induisant un rapport autre au monde, et un second montage s'intéresse à la comédie de science-fiction Men in Black en tant qu'elle incite à reconsidérer le lien entre l'importance des choses et leur taille.

Avec les compléments de programme, on s'éloigne assez peu de la thématique du mois. La seconde partie du texte "Jeu vidéo et cinéma - Un pas vers le monde" envisage la manière dont l'influence du cinéma sur le jeu vidéo pourrait permettre au "gamer" non pas de se couper du monde, mais d'en vivre une expérience transposée qui au contraire l'en rapproche. Quant au texte sur le jeu des références dans Django Unchained, il considère la citation cinéphile, telle que Quentin Tarantino la pratique, comme un moyen de subversion.