Fast Film, de Virgil Widrich

Une femme est enlevée, un homme se met en devoir de la sauver. S'ensuit une fuite haletante, par tous les moyens de transport possibles, pour tenter d'échapper à une nuée de poursuivants : gangsters, squelettes, créatures du Lac noir et de Frankenstein, King Kong...

Ce scénario-type permet de revisiter le cinéma d'action, du burlesque au fantastique en passant par Alfred Hitchcock et par James Bond : les personnages, assemblés et animés selon une technique de collage-pliage et changeant sans cesse d'apparence, sont extraits de plus de trois cents films différents.

Né en 1967 à Salzbourg, Virgil Widrich a réalisé une dizaine de films depuis son adolescence, principalement des courts métrages en Super 8 puis en 35 mm. Il a par ailleurs travaillé à des réalisations multimédia. Héritant de l'avant-garde autrichienne et de sa riche tradition de retraitement critique et plastique d'images préexistantes, et inspiré par l'imagerie cinématographique populaire, son travail entremêle fiction et expérimentation, animation image par image et collage. Laborantin ludique, Virgil Widrich passe et repasse les images au tamis déformant de plusieurs techniques, supports et formats. Un de ses courts métrages les plus primés, Copy Shop (2001), résume son cinéma, dans lequel reproduction est synonyme d'absurde : dans un univers kafkaïen, on y suit un employé de bureau chargé des photocopies qui se voit lui-même dupliqué à l'infini.