Mic Jean-Louis, de Kathy Sebbah

"Alors je... Je m’appelle Mic Jean-Louis". Si le film commence par une parole prononcée devant la caméra, très rapidement la voix off prend le relais et contribue à transformer le court métrage en objet hybride. Sur des plans surtout contemplatifs, à l'action minimaliste (un repas, par exemple), cette voix fait elle-même l'action, traduisant les pensées du personnage.

Par définition, la voix off vient d’ailleurs, d’un hors-champ inassignable, qui correspond à la place d’un narrateur invisible pouvant être aussi bien le protagoniste principal du film qu’un personnage secondaire, ou encore un narrateur absent à l’image. C’est un “truc” narratif fréquemment utilisé dans le cinéma de fiction, dont certains exemples sont célèbres, en particulier dans le "film noir" hollywoodien : Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard, 1950) de Billy Wilder est raconté du point de vue d’un mort, dont la voix intervient dès l’ouverture sur des plans montrant son propre corps noyé dans une piscine. Autre exemple dans le film de guerre de Terrence Malick, La Ligne rouge (The Thin Red Line, 1998), qui n’utilise pas une voix off, mais plusieurs. Elles donnent au film sa dimension épique, mélancolique et chorale. Dans le cinéma documentaire, la voix off est par exemple celle du réalisateur qui vient en complément de l’image, comme dans les films africains de Jean Rouch (Les Maîtres fous, 1955) où le cinéaste est aussi un conteur.

Dossier réalisé par Sébastien Clerget dans le cadre du dispositif Lycéens et apprentis au cinéma en région Centre-Val de Loire.

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