Atelier 4 : la photographie

Enjeux pédagogiques

Découvrir le principe de l’empreinte photographique. Expérimenter la création des traces de lumière.

Conditions, matériel 

  • Une salle que l’on peut plonger dans l'obscurité
  • Des lampes avec des ampoules rouges
  • Du papier photographique, du révélateur et du fixateur
  • Des bacs pour mettre les produits
  • Une corde et des pinces à linge pour accrocher les images.

Déroulement

Cet atelier permet de découvrir un autre pouvoir de la lumière. On a vu que celle-ci pouvait faire voyager des images et les agrandir : elle permet aussi de laisser des empreintes.

N.B. : en préalable à cet atelier, il faut avoir préparé les bains et les placer dans cet ordre : un bac de révélateur, un bac d'eau, un bac de fixateur, un bac d'eau.

On demande aux enfants s’ils ont déjà fait des empreintes de leurs mains : avec de la peinture, un crayon, dans la neige, le sable, la glaise, etc. En l'occurrence, on va essayer de faire des empreintes avec la lumière.

Le mot « photographie » signifie « écriture de la lumière ». Les enfants ont-ils déjà pris des photos ? À quoi cela sert-il ? Il faut les amener à l'idée d'enregistrement d'une trace visible du monde, de fabrication d'une mémoire.

La photographie est née avant le cinéma, il y a presque deux cents ans. Un de ses principaux artisans fut le Français Joseph Nicéphore Niépce. Voici une reproduction de Point de vue du Gras, la première de ses épreuves qui nous est parvenue, datant de 1827. Pour l'obtenir, Niépce a placé l'appareil de prise de vues à sa fenêtre, sans doute pendant plusieurs jours !

Point de vue du Gras, de Joseph Nicéphore Niépce

Avec les enfants, on essaie de décrire ce que cette première image photographique donne à voir.

Dix ans plus tard, un autre Français, Louis Daguerre, perfectionne le procédé. La photographie devient alors très populaire.

Montrer aux enfants une photographie de Daguerre qui date de 1838, Boulevard du temple, afin d'oberver avec eux à quel point l'image a gagné en précision.

Boulevard du Temple, de Louis Daguerre

Dès qu'on a su capturer des images, les photographes se sont amusés avec la lumière.

Ainsi, Man Ray fait dès 1922 des images sans appareil photo, en conservant directement la trace d’objets sur du papier : des « rayogrammes ».

Rayogrammes de Man Ray

Principe du rayogramme

Avant de passer aux travaux pratiques, il faut insister sur un point. On va utiliser un papier spécial : il est blanc, mais dès qu'il est exposé à la lumière, il se met à noircir. Un peu comme la peau humaine qui bronze au soleil, mais de façon plus rapide !

Lorsque le papier photographique voit le jour, de blanc il devient noir. Si je pose ma main sur le papier, bien à plat et si j’allume alors la lumière, de quelle couleur sera l’empreinte de ma main sur le papier ? Blanche. Pourquoi ? Ma main n'étant pas transparente, la lumière n’a pas touché le papier, donc celui-ci n’a pas pu noircir. En revanche, la lumière ayant atteint le papier tout autour de ma main, cette zone a noirci.

Fabrication des rayogrammes

On propose aux enfants de fabriquer eux-mêmes un rayogramme : réaliser une empreinte de leur main uniquement avec de la lumière, du papier photographique et quelques produits.

On fait entrer les enfants dans la salle et asseoir au centre de celle-ci. On les prévient que le papier devenant noir à la lumière, il va falloir éteindre avant de le sortir de sa boîte, en laissant quelques lumières rouges pour ne pas être dans l’obscurité complète. Dire aux enfants que leurs yeux vont s’habituer, comme ceux d'un chat.

Après avoir demandé aux enfants de visualiser l'espace de la pièce (emplacement des tables, des chaises, etc.), on éteint la lumière. On sort une feuille de papier photographique pour chaque enfant, qu’on pose bien à plat devant lui. Penser à bien refermer la boîte de papier photographique.

On demande à chaque enfant de poser une main sur la feuille, bien à plat, et de ne plus bouger une fois qu’ils l’ont posée. Quand tous les enfants sont prêts, on passe au-dessus des feuilles de papier une lampe de poche (deux secondes par feuille suffisent). Après avoir éteint la lampe de poche, on demande aux enfants de retirer leur main et de prendre délicatement leur feuille de papier.

Voient-ils une empreinte ? Non, car elle se cache ! Pour la faire apparaître, il faut la tremper dans un bain, qui va révéler l’image.

On demande aux enfants de se mettre à la queue leu-leu et, l'un après l'autre, de déposer l’image très doucement dans le bain de révélateur : chacun d'eux peut ainsi voir l'empreinte de sa main apparaître. L’adulte met ensuite l'image de chaque enfant, l'une après l'autre, dans le bac d’eau puis dans le fixateur. Quand la dernière image est dans le fixateur, on attend une minute avant de rallumer la lumière. On rince les images à l’eau pour enlever les produits chimiques.

Pendant que les images sèchent (si possible sur une corde à linge, avec une pince sur un des coins supérieurs), on montre aux enfants un film réalisé à partir de cette technique : Trigger Happy (1997) de Jeff Scher.

Variantes

Selon le nombre d’enfants et le temps dont on dispose, on peut réaliser des rayogrammes plus élaborés, sur le modèle de ceux d’Olivia Fryzowski (cf. infra), avec des objets, des plumes, des feuilles, etc.

Ressources pour l’atelier 4

Avant le début de l'atelier, il peut être très utile de montrer aux enfants le livre d’Olivia Fryszowski Traces de lumière : Abécédaire (éditions Mango, 2003), qui met en scène les lettres de l’alphabet sous forme de rayogrammes. Chaque lettre est constituée de petits objets dont le nom commence par l’initiale illustrée. Par exemple, pour la lettre E : étoiles, éléphants, épingles, etc.

 

Trace de E, d’Olivia Fryszowski

SUITE


Autrice : Anne Charvin, chargée de missions à l'association « Les Enfants de cinéma ». Ciclic, 2016.