Séance 6 - Son in/off/hors champ – Musique de fosse/d’écran

Objectif 

Explorer les rapports entre le son et l'image.

Matériel nécessaire :
- un ordinateur avec enceintes pour visionner des extraits.
- extraits à télécharger ici

Son in, son hors champ, son off

On parle de son in quand la source du son entendu est visible à l'image.
Par exemple, un personnage peut parler en in (JT France 2 – 22 juillet 2014 – extrait 2), un objet peut émettre un son en in (JT France 2 – 22 juillet 2014 – extrait 3).

On appelle son hors champ un son dont la source est située hors champ, dans un espace-temps contigu au champ. Un mouvement de caméra pourrait la faire apparaître.

Au début de cet extrait de Pulp Fiction, la chanson est in, puisqu'on voit l'appareil duquel elle est émise, puis elle passe dans le hors-champ, puisqu'on ne voit plus l'appareil.

Un son off provient d'une source qui n'est pas montrée dans le cadre et qui n'appartient pas à l'environnement périphérique au cadre. Par exemple, la voix d'un personnage qui raconte ce qui se passe à l'image est appelée voix off.
Par exemple dans le reportage tiré du JT de France 2 sur le lac d'Annecy (JT France 2 – 22 juillet 2014 – extrait 5) il y a deux voix off: celle du journaliste tout d'abord, puis celle de la traductrice des propos des touristes.

Il arrive qu'un personnage visible à l'écran commence à raconter une histoire en in puis les images illustrant cette histoire remplacent celle du personnage qui raconte. Sa voix, qui poursuit la narration, passe alors en off.
Dans cet extrait tiré du film de Tim Burton Charlie et la Chocolaterie, Willy Wonka raconte, en in puis en off, sa rencontre avec les Oompas Loompas.

Révision

Dans l'extrait d'un reportage sur la cérémonie d'investiture de George W. Bush le 21 janvier 2005, demander aux élèves de définir les différents sons de la vidéo : son direct ? Son hors champ, in ou off ?
Plusieurs types de sons sont présents : son in de la présentatrice du JT au début de la vidéo qui devient son hors champ quand on nous montre la carte ; voix off du journaliste relatant la cérémonie d'investiture, qui devient son in au moment où il prend physiquement la parole pour conclure son reportage ; et une seconde voix off, celle de la journaliste qui traduit les propos d'une militante américaine, elle-même entendue en in.

Musique de fosse / Musique d'écran

La musique est associée au cinéma presque depuis sa naissance. Elle entretient un lien très étroit avec la mise en scène visuelle. Elle est un ingrédient très important dans la narration, permettant parfois de construire rythmiquement et émotionnellement toute une séquence, soulignant l'état psychologique d'un personnage. Le théoricien Michel Chion distingue deux types de musique :

La musique de fosse
On parle de musique de fosse quand dans une séquence la musique ne peut provenir d'aucune source identifiable dans le champ (à l'intérieur du cadre) ou le hors-champ (à l'extérieur du cadre). C'est donc un son off. C'est comme si cette musique était jouée par un orchestre situé dans la fosse : cette musique est donc audible par les spectateurs du film mais pas par les personnages. Dans cette séquence du Kid de Charlie Chaplin (1921), la séparation entre Charlot et son fils capturé par les services de la petite enfance est rendue plus pénible à cause de la bande sonore qui accentue la tension dramatique. Il est bien évident qu'aucun des personnages ne peut à ce moment-là entendre cette musique. Elle n'existe que pour les spectateurs, c'est une musique de fosse.

La musique d'écran
Par opposition à la musique de fosse, la musique d'écran a une source identifiable dans le champ ou le hors-champ. Elle est entendue par les spectateurs mais aussi par les personnages de l'histoire.
Dans ce célèbre extrait de Pulp Fiction le personnage féminin joué par Uma Thurman (Mia) joue une chanson qui va résonner dans toute la maison. Un second personnage joué par John Travolta (Vincent Vega) se trouve dans une autre pièce de la maison, vraisemblablement la salle de bain, où il se livre à un véritable monologue à haute voix. Il est intéressant de constater que les deux séquences, en montage alterné, subissent un traitement sonore différent. La musique est très atténuée dans les toilettes : le personnage l'entend mais sans y prêter attention, ignorant le danger couru par Mia.
On peut demander aux élèves si l'utilisation de la même chanson en musique de fosse, le volume restant le même sur les deux personnages, aurait produit le même effet. 


David Ridet, enseignant missionné auprès de Ciclic par le Rectorat de l'académie d'Orléans-Tours – Janvier 2015