Histoire du western

Sur la piste du western, de ses ancêtres à ses manifestations les plus récentes — du Buffalo Bill's Wild West à Hostiles en passant entre autres par La Chevauchée fantastique, Rio Bravo et Pour une poignée de dollars...

À l’instar de la tragédie antique, du théâtre classique et de la musique baroque, le western répète inlassablement les mêmes motifs : le shérif, le bandit, l’Indien, l’officier de cavalerie finiront par s’entretuer, à la dernière bobine, dans le désert, un corral venteux, des collines herbeuses. Pourtant, le genre a traversé cent vingt ans de cinéma, et il est toujours apprécié et pratiqué au XXIe siècle. Comme si sa forme close et ses codes immuables, établis à Hollywood dès les années 1910, avaient, par paradoxe, ouvert aux cinéastes un champ d’expérimentation infini.

Réalisé en 1953 par Anthony Mann, L’Appât simplifie ainsi la trame du western jusqu’à sa plus parfaite abstraction : quatre hommes, une jeune fille ; un âne et quatre chevaux ; quelques Indiens ; et puis la cupidité et le désir, et puis des montagnes et un torrent enfin. Pas une scène en intérieur, sinon la nuit, dans une grotte. Des déplacements perpétuels, de l’action toujours, le moins possible de dialogues. Mais c’est haletant et profond. Mann y parle d’amour, de vieillissement, de regard sur la femme et de morale. Si vous aimez L’Appât, vous aimez le western. Si vous ne l’aimez pas… tant pis pour vous.

Textes : Fabien Baumann, critique de cinéma. Supervision : Jean-François Buiré. Réalisation : Ciclic, 2020.

Biblio-filmographie : cf. la première entrée de la frise en plein écran