Atelier 2 : après la vision des films

Il faut discuter avec les enfants des films qu'ils ont vus. Pour commencer, leur demander de les décrire : l’histoire, la manière dont elle est racontée, mise en images et en sons, etc. Décrire est à la portée de tous les enfants, mais tous n’auront pas vu ni compris les mêmes choses : cela met déjà en jeu la notion de point de vue. Pour faciliter la remémoration des films, on peut en montrer des images trouvées sur Internet ou fournies par le distributeur.

Une fois que les courts métrages qui composent le programme visionné ont été décrits, on peut travailler sur les émotions ressenties : les enfants ont-ils été surpris ? Ont-ils ri ? Se sont-ils ennuyés ? Peuvent-ils expliquer pourquoi ? Il est intéressant de parler avec eux de ce qu'ils n'ont pas compris, ou plutôt pensent ne pas avoir compris : en discutant, ils se rendent souvent compte qu’en fait, ils avaient tout saisi ! Si ce n’est pas le cas, cela permet d’entamer une discussion et de tenter d’éclaircir les éléments des films qui seraient restés obscurs. Il ne faut pas avoir peur de ce qui pose problème, car c’est ce qui permet aux enfants de devenir des spectateurs actifs, d'avancer vers le cinéma sans attendre que le cinéma vienne à eux. Pédagogiquement, ce mouvement est important : comme l'écrit Alain Bergala, « les vraies rencontres que l’on fait, enfant, avec les films, c’est quand on voit des choses trop grandes pour soi. Il y a des troubles bénéfiques. »

On peut aussi revenir sur les hypothèses qui avaient été faites par les enfants avant la séance, sur la base du thème du programme de courts métrages, quant à ce que montreraient et raconteraient ceux-ci, et comparer ce qu'ils avaient imaginé avec la réalité des films vus. Si le thème du programme n'avait pas été annoncé avant la séance, on peut interroger les enfants quant à ce qui liait ces films entre eux (à condition que le thème en question ait un caractère d'évidence, ce qui n’est pas toujours le cas).

Il ne faut surtout pas hésiter à parler de signification des films visionnés, des raisons pour lesquelles il s'y passe ceci ou cela. Il importe de parler de sens, même avec des tout petits, et de ne pas oublier qu’il n’y a pas un seul sens, mais autant de significations que de spectateurs !

Quelques pistes pour prolonger la séance

  • Utiliser des photogrammes

Une des difficultés avec les enfants entre trois et six ans réside dans la mémorisation des films. Souvent, une scène d’un des courts métrages du programme visionné marque leur mémoire, mais le souvenir du reste du programme devient vite confus. Il suffira de leur montrer quelques images de chaque film (trouvables sur Internet) pour réactiver la mémoire de chacun d'entre eux.

Si l'on fait un travail sur le cinéma durant une longue période, on peut imprimer quelques jeux d’images et les mettre à disposition des enfants, afin que la mémoire des films reste vivante. On peut aussi fabriquer avec ces images des jeux de type Memory qui, s’ils n’ont a priori rien à voir avec le cinéma, permettent aux enfants de jouer de manière informelle avec des images des films vus et, ainsi, de les inscrire dans un temps plus long, de leur faire une place dans le quotidien de la classe ou des ateliers.

  • La frise iconographique

C’est un outil simple qui permet de travailler avec de jeunes enfants sur la notion de programmation, qui consiste à réunir des films pour que cela produise quelque chose.

Mettre deux images côte à côte, c’est déjà faire du montage, et parler de ce qui lie ces deux images, c’est déjà entrer en profondeur dans le cinéma. La confrontation d’images permet d’enclencher la réflexion. Il suffit de disposer d'un mur et de matière iconographique (magazines, images imprimées, photographies, etc.). On choisit une première image à accrocher sur le mur, idéalement l’image d’un des films qui ont été vus. On la décrit collectivement, le plus précisément possible : ce que l’image représente, ce qu’elle raconte mais aussi les couleurs, le cadre, etc. Ensuite, on demande aux enfants de chercher une image qui leur fait penser à la première. On accroche les images qu'ils ont trouvées et on leur demande d’expliquer leur choix : personnages ressemblants, couleurs communes, etc. — toutes choses qui permettront d'établir de véritables liens entre les deux images. Et l'on continue la chaîne, cette frise peut pouvant s’élaborer tout au long de l’année.

  • Les albums jeunesse

Associer les films vus à des livres permet de décloisonner les arts et d'inciter à la comparaison et à l’association d’idées.

L’idée est simple : choisir quelques albums jeunesse qui font écho aux films donnés à voir, en raison de points communs narratifs ou esthétiques.

Ressources pour l’atelier 2

Le site Maternelle et cinéma propose des éléments de bibliographie pour divers programmes de films (ici un exemple autour de La Petite fabrique du monde, programme distribué par KMBO) et un texte intitulé « Voir des films, lire des albums ». On peut travailler avec une médiathèque locale pour élaborer ses propres bibliographies, selon les films qu'on choisit de montrer.

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Autrice : Anne Charvin, chargée de missions à l'association « Les Enfants de cinéma ». Ciclic, 2016.