Atelier 8 : le cinéma d'animation

Enjeux pédagogiques

Remettre en œuvre ce qui a été abordé dans les ateliers précédents. Expérimenter la technique de l’image par image. Faire un film d'animation : penser une histoire pour ce type de cinéma, choisir un cadre, créer une bande sonore.

Matériel

  • Des briques et un plateau Lego
  • Des jouets stables (cubes, matriochkas, etc.)
  • Un appareil photo numérique
  • Un pied pour appareil photo
  • Un ordinateur
  • Un logiciel de stop motion : Stop-Anime, à télécharger ici, ou Windows Movie Maker pour lequel on trouve un tutoriel ici.

Déroulement

Au préalable, on prendra connaissance du parcours pédagogique d'Upopi consacré au cinéma d'animation.

Le mot « animer » vient du latin animare : donner vie. Or, généralement, ce qui est vivant bouge. Le cinéma d’animation permet de donner l'illusion du mouvement de choses qui, en dehors du cinéma, restent immobiles. On peut demander aux enfants quels sont les objets et les matières qu'on peut « animer » grâce à ce type de  cinéma : dessins, jouets, objets de la vie quotidienne, papier, pâte à modeler, sable, etc. Ont-ils déjà vu des films qui mettent en œuvre ces techniques ? Savent-ils ou devinent-ils (grâce entre autres à ce qu'ils ont abordé au cours de l'atelier 5) comment on peut faire bouger un dessin, une chaise, un cube ?

La technique de l’image par image

Créer l'illusion du mouvement d'un objet, c’est simple mais très long. On prend une photographie de l’objet, puis on le déplace un tout petit peu. On en prend une deuxième photographie, puis on le déplace à nouveau un tout petit peu, et ainsi de suite. Pour créer une seconde de film d'animation, il faut vingt-quatre photographies, et autant de petits déplacements. (Dans le cadre de cet atelier, nous n’en effectuerons que douze pour une seconde, afin que cela soit moins laborieux). Le cinéma d’animation exige beaucoup de patience et de précision. Le déplacement minime de l'objet entre chaque photographie doit être très maîtrisé, sinon l'illusion du mouvement ne fonctionnera pas. L’appareil photo doit être placé sur un pied, à une place fixe et ne surtout pas bouger entre deux photographies.

Voir des films

On commence par regarder quelques courts métrages d’animation : Tchou tchou (1972) de Co Hoedeman, où ce sont des cubes qui s'animent, Il était une chaise (1957) de Norman McLaren où une chaise se met à bouger toute seule, La Création des oiseaux (1972) de Frédéric Back, en papiers découpés.

Discuter rapidement de ces films avec les enfants : ce qui s'y passe, la façon dont c'est filmé, les techniques utilisées, etc.

Faire des films

On peut demander aux enfants d’imaginer une histoire courte, qui tient en une phrase : un cube de bois en poursuit un autre, ou une matriochka en rencontre une autre. Même très simple, cette histoire prendra beaucoup de temps à être mise en scène ! Si l'on travaille sur plusieurs séances, on peut étoffer un peu le scénario.

Il est important de bien préparer le film. Demander aux enfants comment ils veulent filmer l’action : de près, de loin, de face, de côté, d'au-dessus, d'en-dessous ? D’abord un personnage, puis l’autre ? Les deux en même temps (ce qui rendra l'animation encore plus difficile à maîtriser) ? Qu’ont-ils envie de raconter et de provoquer chez le spectateur ? On dessine au tableau le déroulement du film et les choix de mise en scène pour que tout le monde soit d’accord.

Il faut choisir la technique qui paraît la plus adaptée à l'âge et aux dispositions des enfants : 

  • au plus simple : on utilise des briques Lego, par exemple pour donner l'illusion d'une ville qui se construit sous les yeux du spectateur. Il suffit de les poser une par une et de prendre une photo entre chaque pose. Même de très jeunes enfants peuvent travailler ainsi, et le résultat est impressionnant. L’intérêt de cette technique est que les enfants n’ont pas à bouger les objets mais juste à poser une brique puis une autre. Une fois encastrées sur un plateau, les briques Lego ne bougent plus. Cela donne des objets stables, qui évoluent à vitesse régulière.
  • un peu plus difficile : on utilise des cubes ou des jouets, comme dans le film Tchou Tchou.

Il faut veiller à ce que les enfants ne déplacent les objets à animer que de quelques centimètres, voire de quelques millimètres, entre chaque photographie. L'intervenant peut prendre en charge un objet à animer et demander aux enfants qu’ils le « suivent » avec les autres objets : il avance un cube de quelques centimètres et, derrière celui-ci, les enfants avancent les autres cubes, à la queue leu-leu. On effectue ainsi une petite danse, une ronde, un trajet en zigzag : cela apprend à maîtriser le déplacement des objets. Une fois que les enfants sont habitués, on peut leur laisser la main et mettre en scène l’histoire choisie au début de la séance.

Lors de chaque photographie, il faut veiller à ce qu’aucune main n'apparaisse dans le cadre.

Le son de l'animation

L'aspect sonore n’est pas prépondérant dans le cadre de cet atelier sur le cinéma d'animation : si ce dernier se déroule sur une seule séance, on n'aura de toute façon pas le temps de s'en occuper.

Mais si l'on dispose de plus de temps, il est intéressant, dans le sillage de l'atelier 6, de créer le son du film d'animation réalisé par les enfants. Cela permet de travailler avec eux sur ce qu’ils veulent exprimer et sur les émotions qu’ils souhaitent susciter.

On fait écrire aux enfants un commentaire en voix off ou des dialogues, puis on les enregistre. Les appareils photos numériques disposent souvent d'une fonction d’enregistrement du son. Les sons ainsi captés peuvent être pris en charge par les logiciels d’animation. Plus simplement, on peut choisir une musique avec les enfants et en accompagner les images.


Autrice : Anne Charvin, chargée de missions à l'association « Les Enfants de cinéma ». Ciclic, 2016.