L'Aurore

Le cinéma ému

L'Aurore raconte un voyage de noces inattendu, qui transporte les personnages de la campagne à la ville. Pour représenter ce voyage et les mouvements de l'âme qu'il suscite, le réalisateur F.W. Murnau utilise de nombreux travellings.

Le mot anglais « travelling » signifie « en voyage » ; au cinéma, il désigne un déplacement de la caméra dans l'espace, qui diffère du « panoramique » dans lequel le mouvement se borne à une rotation de la caméra sur son axe. Le travelling aurait été inventé par un opérateur du Cinématographe Lumière, Alexandre Promio : en 1896, pour la vue intitulée Panorama du Grand Canal vu d'un bateau, il plaça sa caméra sur une gondole en mouvement.

L'Aurore est l'histoire d'un aller et retour entre campagne et ville, et d'un voyage de noces paradoxal. C'est aussi un voyage intérieur, pour les deux protagonistes et pour le spectateur : celui de cette « mise en mouvement » de l'âme que constitue l'émotion, exprimée par cette « écriture du mouvement » qu'est le cinématographe. 
Rien d'étonnant donc à ce que, dans ce film de voyage(s) qu'est L'Aurore, le travelling soit très présent, sous toutes ses formes. (Jean-François Buiré, 2009)