Souvenirs hitchcockiens : le passé ne meurt pas

Le passé ne meurt pas est le titre français d'une des premières réalisations d'Alfred Hitchcock, Easy Virtue, qui date de 1927. Ce titre pourrait résumer le rapport du cinéma de Hitchcock au passé, à la mémoire et au souvenir.

En effet, la question du souvenir et du poids du passé sur le présent traverse de part en part plusieurs de ses films : Rebecca, La Maison du Docteur Edwardes, Les Amants du Capricorne, Le Procès Paradine, La Loi du silence, La Main au collet, Sueurs froides, Psychose, Pas de printemps pour Marnie, Complot de famille. Parmi ses autres films, rares sont ceux dans lesquels cette question n'est pas au moins ponctuellement abordée. Elle se manifeste sous des formes très variées, que nous tenterons de répertorier.

Malgré les résonances de ses films chez nombre de cinéastes célèbres, y compris chez des réalisateurs actuellement en exercice, Alfred Hitchcock reste, d'une certaine manière, un très illustre inconnu, les méandres de son œuvre étant quelque peu occultés par telle scène de douche ou de champ de maïs. Relever les déclinaisons de cette obsession mémorielle tout au long de sa filmographie permettra de quitter les sentiers battus d'une cinéphilie dont la mémoire sélective, justement, ne retient souvent que les morceaux de bravoure, et de célébrer différemment le souvenir d'une des grandes œuvres cinématographiques du XXe siècle.

NOTA : les références des extraits de films cités sont mentionnées à la fin des montages vidéo qui en sont composés.

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Jean-François Buiré, 2015