Tango, de Zbigniew Rybczynski

Un enfant entre dans une pièce pour récupérer son ballon. Petit à petit, cet espace clos se remplit d'étranges personnages, chacun répétant sans fin, dans son coin, une action spécifique...

"De ses premiers films à l’école de Lodz en Pologne à ses derniers clips réalisés à Los Angeles, toute l’œuvre du réalisateur expérimental polonais Rybczyński est une exploration, thématique et technique, du collage, de la liste et de la répétition (...) Un cinéma héraclitéen où l’on ne se baigne jamais dans la même image. Son travail s’appuie sur une exploration systématique des nouvelles technologies alliant  cinéma, vidéo, haute définition et ordinateur, qui selon les films et quelquefois conjointement, mettent au jour la systématicité du mouvement cinématographique et sa puissance comique ou sont mis au service d’une vision poétique du réel. On retrouve dans de nombreux films une relation forte de l’image et de la musique, originale ou préexistante. (...)

[Tango est] construit sur une accumulation hypnotique de personnages dans une pièce – certains y ont vu une métaphore de la crise du logement qui sévissait alors dans la Pologne des années 80."

(Elise Domenach, texte de présentation d'une séance consacrée aux films de Zbigniew Rybczyński par le musée du Louvre.)

"En regardant les films de Rybczyński pour la première fois, j'eus des sentiments semblables à ceux qui me vinrent il y a des années, lorsque je découvris les travaux de Norman McLaren et d'Alexandre Alexeïeff. J'y trouvai une même conception du cinéma — celle qui aborde les nouvelles possibilités techniques tout en faisant œuvre artistique, pas plus imitable que ne l'était celle de McLaren et d'Alexeïeff. Rybczyński est à la fois réalisateur, opérateur de prises de vues, scénariste et scénographe de ses films, mais son approche du cinéma est d'abord celle d'un opérateur et d'un technicien. La bande magnétique et ses particularités physiques, la caméra et ses capacités et surtout le laboratoire n'ont aucun mystère pour lui. Son travail étonne toujours car personne n'a abordé ces questions de façon aussi profonde que lui."

(Traduction d'un extrait du livre de Daniel Szczechura, Zbigniew Rybczyński. Le Voyageur vers le pays de l'impossible, Varsovie, 1992.)