Donner du son

Réaliser un film à partir d'images d'archives muettes permet de se focaliser sur les possibilités du montage, ainsi que sur l'importance de la bande son.

Au cours de l'année 2013-2014, les élèves du lycée Paul-Louis Courier de Tours ont réalisé trois films à partir d'images préexistantes, sélectionnées parmi les films amateurs du site Mémoire de Ciclic. Chacun des trois groupes a rédigé un scénario spécifique, à partir d'une même séquence muette de douze secondes. Cette séquence a ensuite été montée avec d'autres images amateurs, l'ensemble étant sonorisé par les élèves.

Ce projet comporte plusieurs axes pédagogiques :

  • La découverte des enjeux du film de montage, tel que l'ont pratiqué des cinéastes comme Alain Resnais (Nuit et brouillard) ou Chris Marker (Le fond de l'air est rouge) à partir d'images d'archives historiques. Les images d'archives, véritable matériau cinématographique, ont été envisagées avec attention par les élèves et utilisées comme moteur du récit. En utilisant ces images préexistantes qu'il s'agissait d'agencer et de relier, les élèves se sont concentrés sur l'étape essentielle du montage.
  • La pratique du found footage, très utilisée dans le cinéma expérimental, qui consiste à récupérer des morceaux de pellicule d'un film existant dans le but de réaliser un tout autre film. Plus récemment, le terme a pu désigner un sous-genre du cinéma d'horreur (dont Le Projet Blair Witch fut un des initiateurs), jouant sur l'illusion que les images montrées sont d'authentiques images amateurs. 
  • Le travail de sonorisation des images, et le mixage. Les élèves se sont intéressés au rôle de la voix off dans le récit et à la création d'une atmosphère sonore.

Les images d'archives amateurs sollicitent fortement l'imaginaire. Elles offrent un terrain propice au détournement et à la re-création. N'étant que la trace d'infimes fragments de vie, elles offrent à chacun la possibilité d'inventer ce qui se passe avant, pendant et après ces brefs instants fixés par l'image.